Dans le dossier qu’elle consacre au travail, la revue reproduit quelques points de vue de militants syndicaux. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne vont pas très loin.
Ainsi, après avoir déclaré qu’il n’était pas convaincu par les thèses de Rifkin sur la fin du travail, Robert Crémieux (MNCP) réclame « le droit au travail » lequel « est inscrit dans notre constitution » et, subsidiairement, « comme il faut bien manger », « le droit à un revenu d’existence ». Il se dit convaincu qu’une réduction de travail peut créer des emplois à condition qu’elle s’effectue sans réduction de salaire, ce en quoi il est rejoint par Laurent Guilloteau (AC !).
Serge Dufour (CGT) mêle singulièrement contrevérités : « la réduction du temps de travail ne marchera qu’avec de meilleures conditions de travail »... (mais est-ce bien sûr ?) et lieux communs : « Les surcharges de travail, la flexibilité, I‘annualisation sont responsables du chômage » (sic).
Pour tous, le travail est incontournable : il est, pour Pierre Khalfa (SUD) : « une valeur centrale de notre société » ; pour, Jean-René Masson (CFDT) : « le vecteur principal, pour ne pas dire exclusif, de l’intégration des individus dans la société ». Mais le pompon revient sans conteste à Marc Blondel (FO) ; pour ce dernier, en effet : « c’est la création d’emplois par le développement de nouvelles activités qu’il faut provoquer. Il n’est plus alors question de la fin du travail salarié ». En clair il faut continuer à créer des petits boulots afin de perpétuer le système et son esclavage salarié...
Bref, on ne voit rien de très nouveau du côté syndical, y compris chez certaines organisations qui sont censées se rapprocher du syndicalisme révolutionnaire.

